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Comprendre l'Impact Profond de l'Agression Sexuelle sur la Santé Mentale /1



Dans un monde où l'agression sexuelle (AS) continue de marquer des millions de vies, il est crucial de mettre en lumière ses effets dévastateurs sur la santé mentale des victimes. 


Les données récentes révèlent une réalité troublante : l'AS est un phénomène mondial laissant des cicatrices profondes et durables. C'est une tragédie globale. 

Dre Muriel Salmona, psychiatre, psychothérapeute, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, donne des chiffres alarmants dans Le livre noir des violences sexuelles, Dunod, 2013. 

« Une femme sur 5 et un homme sur 14, rapportent avoir été victimes d’agressions sexuelles durant leur vie, et plus d’une femme sur 6 et d’un homme sur 20, de viols et tentatives de viols. Chaque année 102 000 personnes adultes de 18 à 75 ans - 86 000 femmes et 16 000 hommes - sont victimes d’un viol ou d’une tentative de viol en France métropolitaine (CVS, INSEE-ONDRP, 2013). Les chiffres sur les enfants le sont bien plus encore : Dans le Monde, 120 millions de filles (une sur dix) ont subi des viols (UNICEF, 2014), et un rapport récent de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, 2014), souligne que près de 20 % des femmes et 5 à 10 % des hommes rapportent avoir subi des violences sexuelles pendant leur enfance. Grâce à l’enquête CSF de 2008, nous savons, qu’en France, la majorité des viols et des tentatives de viols sont commises avant l’âge de 18 ans : 59 % pour les femmes et 67 % pour les hommes. Si l’on tente de croiser ces données avec celles de l’enquête CVS, chaque année, ce sont plus de 120 000 filles et de 30 000 garçons de moins de 18 ans qui sont victimes de viol ou de tentative de viol. Selon les résultats de l’enquête Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte (IVSEA), de l’association Mémoire traumatique et victimologie : 81% des victimes de violences sexuelles ont subi les premières violences avant l’âge de 18 ans, 51% avant 11 ans, et 23% avant 6 ans. » 

Ces chiffres alarmants de 2013, on s’en doute, datent déjà 

En 2022, le Département de la Défense des États-Unis a signalé une augmentation des cas d'AS dans les forces armées. (https://www.defense.gov/News/Releases/Release/Article/3376241/department-of-defense-releases-fiscal-year-2022-annual-report-on-sexual-assault/


Au Royaume-Uni, presque 87 000 infractions sexuelles contre des enfants ont été enregistrées. De plus, 17–25% des femmes et 1–3% des hommes seront agressés sexuellement au cours de leur vie, soulignant l'urgence d'agir. (https://www.nspcc.org.uk/about-us/news-opinion/2024/2024-01-10-almost-87000-sexual-offences-against-children-were-recorded-by-police-in-the-past-year/


L'agression sexuelle (AS) est une forme de traumatisme courante et délétère. 


Selon les recherches effectuées sur plus de 40 ans, l'AS aurait des effets particulièrement graves sur diverses formes de psychopathologie, soulignant des aspects uniques de l'AS en tant que forme de traumatisme. 


Une méta-analyse a synthétisé la littérature empirique de 1970 à 2014 (https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0272735817300880?via%3Dihub), reflétant 497 tailles d'effet, pour comprendre dans quelle mesure l'AS confère un risque général pour le dysfonctionnement psychologique, et non seulement un risque spécifique pour le stress post-traumatique. 


L'impact de l'AS dépasse largement le TSPT. 


Les victimes souffrent d'une gamme étendue de troubles psychologiques, y compris la dépression, l'anxiété, et des pensées suicidaires, avec un coût émotionnel et financier significatif. Les personnes ayant subi une AS rapportent une psychopathologie significativement plus grave que les comparaisons non agressées, avec des associations plus fortes pour le TSPT et la suicidabilité. 

Ces données alarmantes appellent à une action immédiate. 

Il est impératif de repenser notre approche de la santé mentale post-traumatique pour inclure un soutien plus global et diversifié aux victimes. 

Des interventions précoces et une meilleure sensibilisation sont cruciales. 


Perspectives Thérapeutiques 

L'hypnothérapie est reconnue pour son potentiel dans le traitement des troubles post-traumatiques, y compris ceux résultant d'agressions sexuelles. 


Les techniques hypnotiques peuvent être particulièrement pertinentes en raison de la tendance des victimes à utiliser spontanément des phénomènes hypnotiques comme mécanismes de défense pendant l'agression, (phénomène de dissociation) qui peuvent ensuite devenir partie intégrante du trouble de stress post-traumatique (TSPT). 


En outre, l'hypnothérapie offre la possibilité de restructurer les souvenirs traumatisants (de la réinvention à la reconstruction), permettant aux patients de les revisiter dans un état de confort et de sécurité physique accrue. 

Malgré ces avantages, il est important de souligner que les études systématiques sur l'efficacité de l'hypnose pour les troubles post-traumatiques sont limitées. Des recherches supplémentaires, y compris des études de groupe ou des études de cas individuelles, sont nécessaires pour tirer des conclusions définitives sur l'efficacité de l'hypnothérapie dans ces contextes. 


L'AS est un défi majeur de santé publique. 

Les coûts économiques et sociaux sont énormes, nécessitant des politiques plus robustes et des initiatives de prévention efficaces. Reconnaître l'AS comme un facteur de risque majeur pour divers troubles psychologiques est une nécessité urgente. 

Notre responsabilité collective est de protéger et de soutenir les victimes, tout en travaillant ensemble pour prévenir ces actes traumatisants.

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